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Sam Lipp, l'art et la matière...
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Sam Lipp, l'art et la matière...

Sous l'image : la chair
Sam Lipp, Cruelty , 2014, acrylique sur lin, 58 × 79 cm. Courtesy de l’artiste et de la galerie Derosia, New York.

Dans le dernier numéro de Frieze (N° 256, janvier-février 2026) Shiv Koteka signe un long article consacré à Sam Lipp qu’il est allé rencontrer dans son atelier de Chinatown à New York.

Lipp développe une peinture de la ruine, qui malmène corps et support avec des matériaux industriels, tout en réfléchissant à la persistance des images.​ Depuis une décennie, il emploie laine d’acier, acier récupéré ou frottage routier pour simuler une dégradation du support, fragmentant des corps humains et troublant le regard.​
Des pièces comme Sleep (2016), New York Doll (2023) ou Superstar (2023) mêlent torses charnels et abrasions mécaniques, transformant la chair en paysage abîmé sous la « tyrannie des images ».​

Né à Londres et élevé à Napa dans un décor pseudo-toscan, il relie cette précarité artificielle à une enfance queer où la peinture devient refuge, nourri par calligraphie, gravure française et Magritte grâce à une professeure.​
Formé en sculpture et vidéo à la School of the Art Institute of Chicago, il revient ensuite à la peinture et cofonde la galerie Queer Thoughts à Chicago, puis New York, où il expose notamment Puppies Puppies et Ser Serpas.​

Ses images de corps masculins issus de la pornographie ou de Grindr jouent moins l’érotisme que la perte et la matérialité texturée de la figuration gay.​
Depuis 2019, il reprend des photographies d’identité judiciaire, comme pour le mugshot pixellisé de Michael Jackson, ou encore celles d’Alphonse Bertillon, dans Camp as Paradigm. Il cherche ainsi à dénoncer la commercialisation des images publiques et à défendre un anonymat insoumis.​

746782FH008_jacko_po (2019). Huile sur acier

Inspiré par Robert Bresson et ses « modèles de travail », il dirige aujourd’hui des modèles réels en studio pour des poses ambiguës qui rejouent la fabrication d’images de contenu.​
Ces nouvelles peintures, où modèles, décor et surface se confondent, examinent la vacuité médiatique contemporaine, comme l’analyse Shiv Kotecha dans son article pour Frieze n° 256. Un article à lire.

Sam Lipp sera à la galerie Soft Opening à Londres jusqu’au 1er mars 2026.

Un dernier mot enfin pour dire que le travail de cet artiste me fait penser à celui de Sylvester Engbrox, artiste allemand vivant en France et que je vous invite à découvrir.

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