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Philippe RAMETTE, prothésiste du réel
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Philippe RAMETTE, prothésiste du réel

Premier épisode
Philippe Ramette dans la rue de son atelier parisien. Photo M. Torregrossa

NOTE PRELIMINAIRE

Ces podcasts sont générés par l’IA. C’est une démarche réfléchie de notre part. Le but est de laisser les algorithmes choisir les éléments pertinents dans une source. En l’occurrence, pour la série consacrée à Philippe Ramette, la source a été une série d’entretiens dans son atelier sur un thème défini à l’avance (la formation, la sculpture, le dessin, etc.), un entretient qui a nécessairement glissé vers une discussion à bâton rompu selon l’inspiration et les propos du moment. C’est très exactement dans ces « pas de côté » que nous avons trouvé intéressant de traiter le thème principal via l’intervention logicielle. L’IA a été en quelque sorte le témoin de nos discussions.

C’est donc pour éviter à la fois l’interprétation personnelle subjective et une impossible objectivité (sur quels critères ?) que nous avons décidé, Philippe et moi, de laisser la machine décider, en récusant néanmoins les propositions qui contenaient des erreurs trop manifestes.

On pourrait nous opposer le fait que nous avons fait tout de même un choix en excluant certaines restitutions. Certes, mais ce choix est clairement expliqué : une erreur factuelle et manifeste, tandis que la subjectivité humaine ne permet pas de connaître les critères de choix. Par exemple, celui qui écrit un texte ou bien qui assemble des sons ou des images ne dit jamais les raisons implicites ou explicites de ses décisions. On parle alors de « métier », de « savoir-faire » de « conscience professionnelle ». C’est évidemment confus, sans oublier la part de l’inconscient qui est autrement active dans les décisions humaines.

Ce n’est évidemment pas une remise en question de la légitimité de l’esprit humain, puisque cette remise en question ne pourrait se faire qu’avec… l’esprit humain. C’est plutôt une façon de la shunter et de voir ce que ça donne. L’honnêteté et l’intégrité retournent alors à l’origine des sources. Savoir ce qu’elles sont devient alors l’essentiel. Ainsi, pour ces podcasts, seuls les entretiens réalisés ont été utilisés dans leur intégralité (1 entretien = 1 restitution podcast). Ces entretiens ont eu lieu les mardis matin de mai 2026 dans l’atelier de Philippe Ramette.

Bonne écoute.


Philippe Ramette met en scène des situations impossibles avec une rigueur presque clinique : un homme en costume face à la nature, la tête enfermée dans une boîte, ou des corps défiant la gravité. Mais derrière ces images, il ne faut pas voir des photographies au sens classique. Ramette se définit comme sculpteur, et ses images bien connues ne sont en fin de compte que des « procès-verbaux », la preuve que ses dispositifs ont réellement existé.

Ses objets échappent volontairement à l’obsolescence. Ils ressemblent à des instruments scientifiques intemporels conçus non pour agir sur le monde, mais pour révéler notre condition. Chaque prothèse devient une expérience mentale. Avec ses rétroviseurs inversés, il force à avancer en ne regardant que le passé. Avec ses dispositifs d’isolement, il propose de se priver du monde pour mieux le redécouvrir. Avec son paratonnerre portable, il transforme l’ambition humaine en mécanique fatale.

Chez Ramette, l’objet cesse d’être utile pour devenir perturbateur. Il ne prolonge pas le corps : il le met en crise. C’est là que naît le vertige. Car ses œuvres ne cherchent pas à séduire, même si leur beauté agit comme un piège. Elles nous obligent à penser — le temps, la mémoire, l’isolement, la vanité.

Paradoxalement, ces sculptures, aujourd’hui intouchables dans les musées et les collections, n’ont plus besoin d’être activées. Leur simple description suffit à produire l’expérience. C’est peut-être la véritable réussite de Ramette : démontrer que l’esprit, seul, peut éprouver physiquement les contradictions de l’existence.


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