On vient d’annoncer quel sera le binôme chargé du commissariat de la 14e Biennale de Liverpool de l’été 2027. Si les participants et le thème précis ne sont pas encore connus, on sait que cette édition « s’inspirera des perspectives et des expériences de l’enfance et de la jeunesse à Liverpool et à travers le monde ». Tout un programme !
Ce seront donc Lucía Sanromán et Aimee Harrison qui piloteront ce lourd vaisseau que représente la Biennale. Je m’étais rendu à la précédente édition durant l’été 2025 et j’en avais relaté mon expérience dans plusieurs articles.
J’avais noté notamment comment l’identité de la ville de Liverpool influençait plus que largement cet événement artistique, en particulier le fait que ce grand port de l’Empire britannique se soit enrichi par le commerce triangulaire et le transit de plus d’un million d’esclaves avant de se retrouver, le siècle suivant, en quasi-faillite avec une population prolétarisée jusqu’à la pauvreté. La musique des Beatles, le football, puis le renouveau artistique avec la désignation de capitale européenne de la culture en 2008 avaient signé la renaissance de cette ville surprenante.
C’était Marie-Anne McQuay qui avait organisé l’édition de 2025, après celle de 2023, jugée catastrophique par la presse britannique. La commissaire Khanyisile Mbongwa avait presque accusé Liverpool d’un racisme irrémédiable, ce qui est presque comique quand on connaît la ville.
Pour 2025, le thème : « BEDROCK » (roche-mère, socle) évoquait le grès qui constitue le substrat géologique et architectural de la ville pour en faire une métaphore de ses fondements sociaux : empire, résilience civique, familles et héritages culturels, mémoire de la perte, mais aussi joie. Pour ma part, j’avais été particulièrement bluffé par les installations de CHIHCHUNG CHANG / 張 致中, au Bluecoat
Aimee Harrison connaît bien la Biennale, puisqu’elle vit à Liverpool et que depuis 2019, elle est Curator of Learning à ladite Biennale, où elle conçoit des projets mobilisant des communautés variées.
Elle est particulièrement intéressée par la création de projets communautaires destinés aux enfants, jeunes, seniors, femmes, migrants et personnes en détention. Elle a ainsi participé à des programmes tels que le Jerwood Curatorial Accelerator et des partenariats avec Flat Time House.
Son œuvre insiste sur l’inclusion et la participation publique à l’art contemporain liverpuldien.
« Ayant travaillé avec les communautés de Liverpool pendant plus de 17 ans, cela signifie beaucoup pour moi de réaliser cette Biennale dans ma ville natale. Avec Lucía et nos collègues de la Biennale de Liverpool, je suis ravie de mettre en place un festival pour tous, fondé sur les expériences des enfants et des jeunes. »
Lucía Sanromán est une commissaire d’exposition mexicaine canadienne spécialisée dans l’art contemporain axé sur les pratiques sociales, politiques et communautaires.
Diplômée de l’Université de Victoria au Canada en 2003, elle a été conservatrice associée au Museum of Contemporary Art de San Diego de 2006 à 2011. Les années suivantes elle a été au Yerba Buena Center for the Arts de San Francisco. Depuis 2018, elle pilote le Laboratorio Arte Alameda à Mexico, en se concentrant sur des pratiques expérimentales ancrées dans les écologies locales.
Nommée en octobre 2024 conservatrice en chef du Museo Universitario Arte Contemporáneo (MUAC) à Mexico, elle souhaite tisser des liens communautaires plus forts et des collaborations internationales.
Parfaitement dans l’air du temps, elle est influencée par ses années à Tijuana et San Diego, son commissariat explorant les frontières États-Unis–Mexique, les inégalités sociales, l’activisme et les échanges interculturels. Elle souhaite mettre en avant le pouvoir transformateur de l’art participatif et social.
Rendez-vous à l’été 2027 !





