L’article de Dawn shaw dans The New Yorker daté 6 décembre 2025 présente à travers des scènes très ordinaires de la vie quotidienne au Groenland le travail du photographe groenlandais Inuuteq Storch comme une tentative de réappropriation de la culture inuite, longtemps refoulée par la colonisation danoise.
Inuuteq Storch appartient à une génération de jeunes Groenlandais qui cherchent à retrouver des traditions que l’école et la religion luthérienne ont largement effacées. Ses séries photographiques, réunies notamment dans l’exposition « Soon Will Summer Be Over » au MoMA PS1, montrent le quotidien de ses proches en train de manger, de dormir, de sortir les poubelles ou de se prélasser au soleil, ainsi que des corps marqués par les nouveaux tatouages inuits.
Né à Sisimiut, d’abord attiré par l’ingénierie, puis par la photo via le skateboard, Storch se forme à Copenhague (Fatamorgana) puis à New York (ICP), et devient en 2024 le premier Groenlandais à représenter le Danemark à la Biennale de Venise. Il est souvent perçu comme une sorte d’« ambassadeur » de Kalaallit Nunaat (le Groenland en groenlandais), même s’il affirme ne pas vouloir dire « qui nous sommes », mais simplement montrer la vie ordinaire et quotidienne.
Le long article, richement illustré, évoque plusieurs séries, dont « Keepers of the Ocean », « Porcelain Souls » (où il réutilise les photos et lettres de ses parents) et « What if You Were My Sabine? », inspirée du livre de Jacob Aue Sobol sur l’est du Groenland. Le texte rapproche brièvement Storch du photographe Ryan McGinley , tout en insistant sur la tonalité plus tendre et attentive de Inuuteq Storch, centrée sur l’amour de son pays et des siens plutôt que sur l’érotisation de la jeunesse.




