HIROSHSI UGIMOTO
Aujourd’hui, le monde est mort [Lost Human Genetic Archive]
Exposition au Palais de Tokyo
25 AVRIL- 07 SEPTEMBRE 2014
Dans l’exposition « Aujourd’hui le monde est mort » [Lost Human Genetic Archive], Hiroshi Sugimoto a prolongé la réflexion qu’il élaborait depuis une dizaine d’années en juxtaposant ses collections d’objets et ses œuvres photographiques.
Avec des références au roman d’Albert Camus l’Étranger (« Aujourd’hui le monde est mort. Ou peut-être hier je ne sais pas », c’est un monde après la fin de l’humanité qui a été mis en scène , une vision personnelle de l’histoire vue depuis l’avenir. L’exposition était constituée d’une trentaine de scénarios racontés par différents personnages fictifs : un apiculteur, un spécialiste des religions comparées ou encore un homme politique qui choisissaient de préserver ou non pour le futur leur patrimoine génétique individuel.
Conçu comme une sorte de ruine en résonance avec l’architecture du Palais de Tokyo l’exposition était alors la plus importante jamais réalisée en Europe par l’artiste.
Où se dirige cette humanité incapable d’empêcher sa propre destruction au nom d’une croissance aveugle ? Guidé par cette interrogation Hiroshi Sugimoto avait à l’époque laissé dériver son imagination et sa créativité à la rencontre du passé comme du futur.
Commissariat : Akiko Miki
Love Doll Ange
Aujourd’hui, le monde est mort. Ou peut-être hier je ne sais pas. Mon nom est Love Doll Ange. Je suis née uniquement pour être aimée par les hommes. Quand la promotion sociale des femmes s’est étendue à l’infini une nouvelle société est née ou à l’inverse des sociétés machistes les postes les plus importants, chef d’état administrateur de trust, etc. étaient occupés par des femmes. Les hommes ont commencé à avoir la phobie des relations avec le sexe opposé, un syndrome caractérisé par une absence d’attirance sexuelle envers les femmes réelles. Ils se sont mis à ne désirer que des représentations de femmes idéalisées. C’est ainsi que sont nées les poupées Love Doll comme moi particulièrement réalistes et mignonnes. Le dernier homme qui m’a aimée était un vieux monsieur. Il est venu me voir avec une photo de cascade et un bec de gaz… cependant, vous m’envoyez désolée nous les poupées étions stériles, et c’est ainsi que les humains ont cessé de naître.
Photos : vues de l’exposition ©Max Torregrossa




